Un pape est-il un saint ?

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    Dwizer Web Booster
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    Dimanche 27 avril 2014 : deux anciens papes sont canonisés. Jean-Paul II et Jean XXIII portent désormais le titre de saint. D’une certaine manière, ils deviennent des modèles, des icônes et représentent l’excellence pour les chrétiens. Pourquoi un pape devrait-il automatiquement devenir un saint ?


    Un sacro-saint droit à la réflexion.

    Le principe de cette chronique n’est pas de faire de l’anti-religion primaire. Nous revendiquons par contre, un droit à la réflexion, à l’expression et à formuler des points de vues. Se poser des questions pour trouver du sens, avoir une compréhension profonde des choses plutôt que de les accepter ou les subir comme une fatalité. Oui, se poser des questions et essayer d’y trouver des réponses les plus éclairées possibles, c’est plus qu’un droit, c’est un devoir qui va bien au-delà de la remise en question dont ce n’est pas l’objectif.


    Qu’est-ce qu’un saint ?

    Un saint est un être humain qui, en accord avec ses convictions religieuses, fait montre d’une exemplarité au dessus de tout soupçon. Un dévouement dans sa foi hors du commun. Par sa vie, son œuvre trouve son expression dans l’importance de sa propagation, ou évangélisation pour l’Église catholique. Un saint serait, chez l’Homme, ce qu’il y a de plus proche de Dieu. Il devient l’intermédiaire entre Dieu et les Hommes. D’une certaine manière, pour le christianisme, il incarne Jésus et sa vie, au point d’en appliquer la doctrine jusqu’à l’extrême, et au risque de sa vie même pour les martyrs. 

    Les saints sont les bons élèves de l’église. Si bons qu’ils sont montrés en exemple au point d’être vénérés comme des « demi-dieux ». Certains font d’ailleurs l’objet de véritables cultes pouvant aller jusqu’à l’absurde comme acheter une effigie de l’un d’eux, pour combattre le mauvais sort et espérer porter chance. À ce stade, il faut bien le dire, on est bien loin d’une religion qui se veut monothéiste et qui combat l’idolâtrie. L’ancien testament reste plus clair dans sa démarche : il n’existe qu’un seul Dieu.


    Un pape est-il un saint ?

    Dans ce contexte, pourquoi devrions-nous penser qu’un pape devait être automatiquement canonisé ? Les papes ont-ils une vie exemplaire pour leur religion, au point d’être au plus proche de leur modèle fondateur : le Christ et sa vie ?


    « Née » pas pape qui veut : et les femmes ?

    Un pape est un homme et exclusivement un homme. Les femmes, quand bien même elles seraient de grandes religieuses, n’ont pas le droit de devenir « pape » ou « papesse ». Premier accro à cette chasse gardée. Les femmes auraient-elles moins de convictions en leur église ? Une foi différente ou inférieure ? Une femme aime-t-elle moins bien son Dieu ou est-elle moins apte à en apprécier les subtilités ? Car, nous parlons bien d’exemplarité dans la foi. Des femmes ont été nommées saintes me direz-vous. Mais alors, si elles sont capables de tels actes de foi, pourquoi ne peuvent-elles pas devenir pape ? Cela n’empêche pas, effectivement, un homme-pape d’être en bonne place sur le chemin de la sainteté, certes. Mais cela entache sérieusement la notion d’excellence attribuée au poste de pape. La moitié de la population mondiale n’a pas accès à la fonction de pape uniquement parce que des hommes, dont le pape, ont décidé de les exclurent. Voilà un pape déjà bien moins saint vu sous cet angle non ?


    Un pape élu par 120 cardinaux.

    Si officiellement, c’est Dieu qui décide, dans les faits, c’est bien un collège de 120 cardinaux qui élisent un pape avec une majorité de deux tiers. Dans la plupart des cas, même si ce n’est théoriquement pas une obligation, le nouveau pape est choisi parmi eux. Bien sûr, une fois de plus, cela n’empêche pas le caractère exemplaire qui doit guider le vote de chacun de ces hautes personnalités de l’Église pour mettre en place celui d’entre eux considéré comme le meilleur. Mais alors, pourquoi, jusqu’au dernier en place, tous les papes ont été Européens… et jusqu’il y a pas si longtemps, purement et simplement Italien ? Aucun ecclésiastique africain, asiatique ou originaire du moyen-orient d’où vient le Christ. Pour être pape, et donc saint « d’office », il faudrait donc être homme et blanc ! Un saint homme peut-il accepter cela au point de le passer sous silence pour mieux profiter de son rang ?


    Un pape est un Chef d’État.

    Et oui, on a tendance à l’oublier : le pape est le dirigeant de l’état du Vatican. S’il a en charge la foi de millions d’humains, il a aussi sous sa responsabilité le patrimoine de l’église. Devrions-nous parler des prodigieuses richesses de l’église. Il assure la prospérité de celle-ci. Il encourage les grands donateurs. Car, faut-il le rappeler, quand l’église fait la charité, c’est avec l’argent des autres. Elle préserve son capital.
    Le pape n’a pas de salaire. Mais il est logé dans un palais, et mène une vie de « rock star » comme le disent certains, allant de ville en ville, en avion, réunissant ces fans dans de gigantesques manifestations qui feraient pâlir les Rolling Stones, tant pas le nombre, que par la passion déchaînée. Est-ce vraiment la vie que le Christ espéré donner en exemple ? La réponse a cette question tient à une autre vaste question : que ferait le Christ s’il vivait aujourd’hui ? Un autre vaste débat.


    Le pape, avant d’être élu, est aussi passé par les plus hautes fonctions de l’église. De prête à cardinal en passant par évêque ou archevêque, ce qui, nous en conviendrons également, ne les positionnent pas vraiment dans une situation inconfortable. Ok. Je vous le concède, personne n’a dit qu’un saint devrait obligatoirement vivre dans le renoncement et la pauvreté absolue. On ne peut pas non plus partir du postulat qu’être pauvre rend forcément bon d’ailleurs. Mais enfin, un saint peut-il être le dirigeant et gestionnaire d’un des plus riches patrimoines au monde ?


    Ces Saints-pères et leurs visions.

    Là aussi, il y a matière à contre-verse. Jean XXIII et Jean-Paul II, malgré toutes les qualités qu’on peut leur attribuer, ont, tout de même, été les apôtres d’une société réactionnaires et bien peu en phase avec son temps. À ce titre, ils sont directement responsables de la désertification des églises par bon nombre d’Européens. Obstination à refuser la prêtrise aux femmes. Obstination à refuser le divorce. Condamnation ferme de la légalisation de l’avortement, quand l’on sait les monstruosités créés par l’avortement clandestin et les femmes qui en sont mortes ; pas d’avortement au nom du respect de la vie, y compris en cas de viol ! Obstination à refuser le préservatif, quand l’on sait que c’est le seul et unique moyen connu pour protéger de l’épidémie du Sida et ses milliers de morts ! … Et tout cela au nom du respect des dogmes sacrés de l’église. Des saints peuvent-ils être à ce point impliqués dans la mort des milliers de personnes innocentes ? Peuvent-ils encourager la souffrance de femmes victimes d’abus ? Peuvent-ils encourager à la division entre les humaines, au détriment du rassemblement, sous prétexte de respect du dogme contre l’avortement ?


    Ces pères de l’église ont essayer d’éviter les scandales pédophiles au cœur de leur institution. Ils ont également condamné l’homosexualité.


    Alors saint pour qui ? Saint pourquoi ? Oui, nous aimerions avoir pour exemple des femmes ou des hommes dont l’œuvre de leur vie fait qu’ils inspirent à jamais les générations dans le bien et pour l’amour de tous. Des êtres exceptionnels qui motivent chacun à se surpasser pour devenir meilleur. Ces deux papes en valent-ils la peine ? Sont-ils à ce point irréprochable pour tous ?


    Nous le répétons, : le propos n’est pas de dénigrer ces deux hommes certainement animés par de grandes qualités. Cependant, vous le voyez, il suffit de quelques lignes et de soulever quelques zones d’ombre pour que le doute s’installe. 

    Si saint homme est synonyme de perfection, on est loin du compte. Une réflexion s’impose sur le rôle des églises et leur place dans la société ou la vie de chacun. Quelles en sont les icônes et quelles seraient leur fonction ? Les religions ont beaucoup apporté à la structuration des sociétés, et certainement évité beaucoup plus d’horreurs qu’elles en ont créées. Mais les temps et les défis sont nouveaux. Et les crises qui secouent le monde sont certainement des crises de conscience que les religions n’arrivent pas à contenir ; Puisse donc ces canonisations ouvrir une porte à la réflexion.

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