Stockage en ligne : Google entre dans la danse.
Le cloud… le cloud… le cloud !… C’est le mot à placer dans une conversation pour tout bon geek qui se respect. En français, on parlerait de « nuage », mais son côté délicieusement désuet le plaçant entre le jazz Zigane fougueux de Django Reinhardt et l’attitude moelleuse du rêveur ne confère pas au twittos la stature mytisco-Marvel dont ils raffolent. Après Dropbox, Skydrive ou encore Apple, Google s’offre une place de choix dans les limbes avec Google Drive.
Vol au dessus d’un nid de coucou.
C’est bien tous un peu tête en l’air que l’on cherche la futur nouveauté qui fera enflée la bulle du web et que nous pourrons qualifier de révolution. Et celle du stockage en ligne ou cloud est peut être bien la dernière étapes avant la dématérialisation complète de nos vies. Après nos mails, nos cv, nos photos ou vidéos, nos idées, nos réactions, et dans une certaine mesure nos émotions sur les réseaux sociaux, que pouvait bien rester à nous prendre ? Eh bien tous le reste, tous ce qui traîne dans nos placards, tous ce qui prend la poussière sur nos étagères. Tous ce qui est convertible en données numériques.
Et c’est vrai que c’est un sacré service, que dis-je un pas gargantuesque dans une nouvelle façon de vivre et d’avoir un nouveau rapport à notre environnement. Vous pourrez mettre tout ce que vous avez de numérisable sur un espace de stockage protégé. Et avoir accès à celui-ci, de n’importe quel endroit de la planète, à la condition bien sûr d’avoir une connexion internet digne de ce nom. Vos livres, vos photos et vidéos, vos papiers (identité, administratif, comptable,…) ; vos émissions TV, articles de journaux, ou podcast préférés ; vos idées, vos contrats, vos opinions et vos amours… vos déceptions ou vos fantasmes… tout, tout vous mettrez tout jusqu’au zizi
Combien coûte le cloud ?
Nous savions qu’avoir la tête dans les nuages peut finir par coûter cher, mais les tarifs pratiqués à ce jour feront certainement rire les générations futurs. Gageons que les archéologues du futur déniche cette article et qu’il les autant rire que quant on nous parlait fin du 19è siècle de vitesses vertigineuses et de danger pour l’homme quand un engin à moteur atteignait les 20 kilomètres /heure.
Comme vous pouvez le constater dans le tableau ci-dessus, les principales offres nous font bénéficier de 2 à 7 giga gratuit. Généreuse donation de ces princes du Freemium quand on pense que cela fait en moyenne la valeur d’un simple DVD (4 giga) ! Ensuite la chose se complique un peu : si l’attractivité nous apparaît intéressante avec des prix qui débutent entre 2 à 6 $ par mois, on est en fait vite dessus si l’on veut avoir un espace de stockage digne de ce nom et capable de nous faire bénéficiez au mieux de cette sublime révolution : 50 $/mois pour 1 To chez Google Drive par exemple, cela fait tout de même 600 * par an ! Environ le double d’un abonnement box en Europe (TV, Tél et net) pour à peine 1000 Go de stockage. Les photographes ou les vidéastes savent bien qu’avec un tera on ne fait pas grand chose.
À comparez au offre d’achat de disque dur « classique ». Une recherche rapide sur le web, me fait trouver un disque dur Seagate de 1000 Go pour 109 Euros par exemple.
Alors pourquoi donc se payer un morceau de cumulonimbus ?
D’abord parce qu’il ne faut pas adopter l’attitude du vieux grincheux réfractaire à l’innovation et que cette nouvelle manière de s’approprier notre environnement va nous rendre des services fabuleux. Oui, un disque dur maison est à ce jour beaucoup moins cher. Mais, nous sommes combien à avoir cru à la sauvegarde de nos plus chers souvenirs numériques sur des disques durs de prétendues grandes marques très sûr ? Vous la sentez cette boule au cœur en repensant à toutes ces données définitivement perdues parce qu’un jour notre fameux LaCie, Seagate ou autre nous a lâché sans possibilité de récupérer quoi que ce soit ?! Cette effet étrange de vieux film de science fiction dans lequel un héros ou un décor disparaît par pans entiers pour jamais sans que l’on ne puisse rien faire.
Ces sociétés s’engagent à sauvegarder nos données pour que l’on soit sûr de pouvoir les récupérer à tous moments. Autre avantage non négligeable : pour des raisons simples de pouvoir rester dans la course à la technologie et offrir à leur client le service le plus rentable, elles feront migrer nos données sur des espaces de stockages toujours plus performants et actualisés. Rien ne nous garantie que nos CD, DVD, blueray et je ne sais quoi sera encore lisible avec les machines du futur.
Le prix. Je suis certain qu’il va rapidement baisser avec le développement de la demande. On peut parier qu’un jour chaque bébé naissant aura ses téras gratuits qui l’attendent bien au chaud. En fait, le plus à craindre est le fait de mettre en ligne nos vies. Comment peut-on garantir qu’un hacker ne pourra pas s’infiltrer dans nos espaces virtuels ? Que se passera-t-il si la société à qui on a fait confiance pour ce stockage en ligne fait faillite ? En cas de changement d’actionnaires ? Imaginez par exemple qu’un organisme, une communauté religieuse ou politique, un état aux intentions malveillantes fasse une OPA sur une de ces entreprises et, ai un accès complet à vos données ? Et si un mouvement extrémiste ou une dictature nationalise les espaces de stockage qui seraient sur son territoire ??… Qu’advient-il de nos données après notre décès ?
Bien des questions restent posées comme devant tout nouveau monde d’ailleurs. Les premiers vigiles de ces dérives possibles, c’est le consommateur lui-même. Donc, profitons de ces nouveaux services au mieux mais en toute connaissance de cause. Le cloud c’est un peu pouvoir partir à l’autre bout du monde les mains dans les poches et retrouvé sa maison en parfait état quel que soit l’endroit où vous vous trouvez. L’escargot s’affranchit de sa coquille. En espérant bien sûr que nous nous transformerons pas en limace.
Google Drive, un géant dans le cloud.,
